Interview : Avec la déchéance de nationalité « On rentre petit à petit dans un état policier » pour Léo Sanson

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Alors que le débat sur la déchéance de nationalité fait rage en France, plusieurs associations telles que l’UNEF se lancent dans la bataille.

Crédit photo : unef.fr

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La réponse de François Hollande aux attentas du 13 novembre ne vous a sûrement pas échappé. Le Président, devant le Congrès réuni le 16 novembre 2015 à Versailles a déclaré vouloir « déchoir de sa nationalité Française » tout individu « condamné pour une atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation ou un acte de terrorisme, même s’il est né Français, dès lors qu’il bénéficie d’une autre nationalité ». Déclaration qui a eu l’effet d’une véritable bombe chez les politiques, et qui divise à droite comme à gauche.

Du côté de l’opinion public, c’est plus compliqué. Même si les trois quarts des Français se déclarent toujours favorables à la déchéance de nationalité pour les binationaux, la tendance se veut à la baisse avec un recul de 17 points par rapport à novembre (sondage BVA-Orange-iTELE du dimanche 10 janvier). Petit rappel de BVA : Le lendemain des attentas de novembre, 92% des Français y étaient favorable.

Petit rappel historique : La déchéance de nationalité est apparue avec l’abolition de l’esclavage en 1848. Le texte précise à l’époque, que tout Français pratiquant l’esclavage pourra être déchu de sa nationalité. Aujourd’hui, la déchéance de nationalité ne peut être appliquée qu’à des binationaux car la Déclaration universelle des droits de l’homme précise que « nul ne peut être privé arbitrairement de sa nationalité ».

Mobilisation autour du changement de constitution

« Non au projet de déchéance de nationalité, non à une démocratie sous état d’urgence, non à une réforme constitutionnelle imposée sans débat, en exploitant l’effroi légitime suscité par les attentats » s’écrient certaines associations comme la Fédération Internationale des Ligues des Droits de l’Homme (FIDH), la CGT et bien d’autres.
Nombreuses sont celles qui ont d’ores et déjà publié une pétition à l’encontre de cette mesure qui selon eux « stigmatise » et qui va à l’encontre des principes fondamentaux d’une République dite « démocratique ».

C’est le cas notamment de l’UNEF, le syndicat étudiant qui dans le cadre de la campagne « tous binationaux » se bat contre « les inégalités » qui découlent de cette mesure. Cette organisation a développé sa pétition autour de 7 arguments « pour refuser la déchéance de nationalité ». Léo Sanson, le responsable de la section locale de l’UNEF Lorraine, s’est exprimé au micro de Radio Campus Lorraine. Pour lui il n’y aucun doute sur les répercutions engendrées par ce changement de constitution qui va, selon lui, créer deux catégories de citoyens distinctes :

 

Toujours selon lui, cette mesure, en plus de permettre des dérives discutables, serait de toute façon inefficace :

 

En plus de ne pas permettre de lutter contre le terrorisme, cette réforme emmènerait la république dans un engrenage dangereux vers un « état policier banalisé », toujours selon Léo Sanson :

 

Là est toute la problématique qui s’impose au gouvernement. Protéger les citoyens tout respectant les valeurs de la république, sans accentuer le climat de peur. En tant que citoyens nous sommes tous en droit de débattre de la nécessité de cette réforme et de faire l’éternelle balance entre liberté et sécurité.

Vous pouvez retrouver cette pétition sur http://tous-binationaux.unef.fr/

 

Pierre Clavel

 

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