Fake News : Rumeurs, malhonnêteté ou bourdes ? 

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À l’heure où les informations sont très peu maîtrisables à la vitesse où elles vont, quelles sont les raisons de la transmission de ces « rumeurs à l’échelle des réseaux sociaux »? Pour introduire notre Forum des Médias Jeunes, dont l’édition 2020 porte sur le réseau des Fake News, nous sommes revenus sur les bases.

Bourdes et paranoïaques

Il y a deux raisons pour lesquelles les Fake News sont créées : la maladresse, ou la malhonnêteté.

La première, involontaire, provient d’une mécompréhension d’une information, ou d’un quiproquo. Le 4 novembre 2016, Alex Jones, animateur radio, nourrit involontairement la théorie conspirationniste du Pizzagate en déclarant: « quand je pense à tous les enfants qu’Hillary Clinton a personnellement assassinés et hachés et violés, je n’ai aucune crainte de m’élever contre elle ». Il indiqua plus tard qu’il ne faisait pas référence à l’affaire mais aux « chrétiens morts avec son opération en Syrie, avec son opération en Libye ». Il présenta ses excuses, mais c’était déjà trop tard. Sa phrase fut sortie de son contexte et ce quiproquo devint viral, donnant du crédit supplémentaire à cette théorie du complot.

Nous avons pu observer un grand nombre de bourdes durant cette période de crise sanitaire. Une des premières fut la mécompréhension d’un des gestes barrières : l’usage de gel hydroalcoolique. Si les gouvernements et experts médicaux ont grandement incité à son utilisation sur les mains pour lutter contre la transmission du Covid-19, de nombreux internautes ont relayé l’idée qu’en boire protégerait du virus. L’on peut même se remémorer la conférence de presse du président des États-Unis Donald Trump qui suggérait aux médecins de “travailler” sur la possibilité d’ingérer un produit pour “désinfecter” le corps. Cette Fake News propagée sans mauvaises intentions, eut comme résultat la hausse de 61 % des cas d’empoisonnement dus à l’ingestion de gel hydroalcoolique au Royaume-Uni.

Malhonnêteté et profiteurs

La deuxième raison de la création et de la transmission des Fake News est la falsification de la réalité avec de mauvaises intentions : créer des complots par exemple. Cela a pu être le cas avec le documentaire « Hold-Up, retour sur un chaos », utilisant un argumentaire complotiste, accusant pêle-mêle États, communauté scientifique et médias de manipulation dans la gestion du Covid-19.

Mais les Fake News peuvent également être utilisées par des militants politiques pour diffuser et rendre crédible leurs opinions avec des arguments fallacieux. Nous pouvons également citer une notion souvent employée par l’extrême droite : la réinformation. On retrouve cette stratégie notamment sur le site français de Souche, leur utilisation de la réinformation leur permettant de se présenter comme une « alternative » aux « médias traditionnels ».

Rumeurs

On ne peut pas expliquer une Fake News uniquement par la bêtise, ou par la malhonnêteté, car la majorité du temps, le cheminement d’une Fake News passe par les deux. La Fake News démarre d’une bourde involontaire, puis des individus malhonnêtes la reprennent et la diffusent consciemment, dans le but de crédibiliser une opinion politique, ou de nourrir un complot.

Malhonnêteté ou bourdes, le problème des Fake News est qu’une fois introduites, elles se répandent encore plus rapidement lorsque leurs origines sont floues. Ainsi les citoyens, incertains, s’inquiètent et cherchent des explications, souvent sur les réseaux sociaux, les Fake News devenant ainsi des rumeurs, se répandant davantage, créant de véritables « infodémies ».

Retrouvez l’intégralité de notre Forum des Médias Jeunes 2020 « Le réseau des Fake News », en podcast audio ou sur YouTube !

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