Table Ronde MGEL : Sport et Alimentation : mieux manger, mieux bouger.

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Pour cette quatrième table ronde organisée conjointement entre la MGEL du Grand-Est et Radio Campus Lorraine et face à la détresse grandissante des étudiants, la question est simple : mieux manger et mieux bouger permet-il de se sentir mieux ?

Autour de cette table ronde, on retrouve Laura Pancetti, chargée de projet Prévention Santé et Solidarité, Cristina Lallement, diététicienne, nutritionniste et spécialiste de la nutrition du sport, Jeanne Mardon, étudiante en diététique et nutrition, Lionel Seguin, enseignant au SUAPS, président de l’Association Sportive Université de Lorraine et préparateur mental pour sportif de haut-niveau et Florian Clier, chargé de développement et de communication à la Ligue du Grand-Est du Sport Universitaire.

Alors que selon l’Université de Lorraine, 20 % des étudiants sont en grande détresse, manger (et mieux manger), bouger (et pratiquer une activité physique), cultiver le lien social et rompre l’isolement sont des enjeux majeurs pour le public étudiant, de plus en plus fragile face à la crise sanitaire qui s’éternise.

Véritable enjeu de santé public, Cristina Lallement, diéteticienne et nutritionniste évoque les risques pour la santé d’une mauvaise alimentation dans l’assiette des étudiants.

Confinement, couvre-feu, fermeture des salles de sport, notamment celles du SUAPS, Lionel Seguin, enseignant et président de l’Association Sportive Université de Lorraine, nous explique en quoi le maintien d’une activité physique est essentiel.

Au-delà d’un besoin direct de se nourrir et se dépenser, le mal-être des étudiants ne s’arrête pas à une mauvaise alimentation et un manque d’activité physique, l’absence de sport témoigne aussi de la rupture plus générale de lien social et une mauvaise alimentation est souvent due à des difficultés financières.

La MGEL du Grand-Est a souhaité donner un coup de pouce aux étudiants avec sur Nancy une opération “chèque solidaire” avec les magasin biocoop et des colis distribués sur Metz.

Les Agorae et autres épiceries solidaires peuvent aussi pallier le manque de budget. Il faut aussi se rapprocher des assistantes sociales du CROUS.

Des dispositifs en distanciel pour favoriser la pratique de sport : MGEL, LGESU, SUAPS et applications.

Pour Lionel Seguin, SUAPS, la fermeture des universités et par extension des cours de pratiques sportives donnés par le SUAPS est un coup de frein aux interactions sociales étudiantes, même si certaines pratiques sont maintenues en distanciel.

Malgré tout, ces dispositifs n’ont pas suffisamment de succès. En cause, la seule possibilité de suivre ces cours de pratiques est de passer une nouvelle fois par des outils numériques, surutilisés pas les étudiants qui doivent déjà s’en servir pour leurs cours à l’université, puis pour maintenir du lien social.

Côté sport universitaire, la Ligue du Grand-Est du Sport Universitaire a connu une baisse du nombre de licenciés de plus de 50 % par rapport à l’année passée où l’on comptait 3900 licences. Et même pour ceux qui ont pris une licence, les pratiques en particulier indoor sont interdites. Cette année, c’est même l’ensemble des Championnats de France Universitaire qui ont été annulés sur la saison 2020/2021.

Seule solution pour continuer de créer du lien et de la compétition : se réinventer et passer par des outils numériques comme la “Confi-run” de novembre, le U-run à venir ou encore le dispositif “bouge ton U”.

Ce type d’action a connu un vif succès avec seulement 30 % des participants au Confi-Run qui étaient licenciés FFSU. Pour Florian Clier, ces initiatives ont permis de toucher d’autres personnes que leurs licenciés habituels.

Du côté de la MGEL, on envisage de lancer des cours de cuisine en distanciel, des “cours de cuisine revisités”.

Reprendre en main son assiette et son rythme de vie !

Pour Jeanne Mardon, étudiante en diététique et nutrition, il est important de se faire plaisir. Reprendre en main son alimentation ne veut pas dire nécessairement faire des sacrifices. S’il faut faire attention à ne pas manger trop gras, trop salé, trop sucré et surtout éviter de grignoter entre les repas, il faut aussi “se faire plaisir” et manger des aliments qui nous plaisent. Si bien évidemment il faut éviter “les plats tout préparés”, on peut profiter du temps passé à la maison ou en appartement pour réapprendre à cuisiner.

Avec les confinements et les couvre-feux, l’absence d’activité physique et de mobilité nécessite d’adapter les portions dans son assiette. Notre diététicienne en formation vous livre ses petites astuces.

Autre petite astuce, en particulier en période d’examen : les poissons gras sont bons pour la mémoire.

Selon Cristina Lallement, même en faisant attention à son alimentation, il ne faut pas rentrer dans la “culpabilisation” et ne pas “diaboliser ce que l’on mange”. Si le grignotage est un piège pouvant conduire à du surpoids ou d’autres troubles des comportements alimentaires, la nutritionniste vous donne des conseils pour éviter le “grignotage par ennui”.

Faut-il avoir un rythme ou manger quand on a faim ? Pour Cristina Lallement, les deux points de vue s’entendent. Tout dépend si notre corps est déréglé ou si on a réussi à garder un rythme. Il faut savoir écouter son corps et être capable d’identifier quand on a faim. C’est une difficulté car les signaux peuvent être parasités par différents stimuli. Pour la nutritionniste, diététicienne, l’idéal est de fixer une prise alimentaire toutes les 4-5-6 heures “afin de re-rythmer le corps” avant de retrouver des sensations plus normales de “faim”. Il faudrait également prendre son repas du diner au moins 3 heures avant le coucher afin de ne pas perturber le rythme de sommeil par la digestion.

Côté sport, il n’y a pas de bonnes heures ou de mauvaises heures pour faire du sport, “c’est toujours le bon moment” selon Lionel Seguin. Les contraintes avec les couvre-feux et l’isolement nécessitent de “reprendre la main sur son emploi du temps” entre les temps d’alimentation, de relations sociales et les temps d’activités physiques et sportives. Il faut néanmoins savoir remettre à profit les “trous que nous laisse notre emploi du temps” pour “baliser ces temps que l’on s’offre pour soi”.

Le poids de la balance et la pression des applications

Pour Cristina Lallement, il faut conserver un esprit critique face aux nombreuses applications et vidéos Youtube, sans parler des régimes :

Même une application comme Yuka nécessite de prendre un peu de distance. Si l’évaluation d’un nutriscore est une bonne évolution, l’application présente des failles avec des nutriscores hauts sur des produits transformés dont la qualité et les bienfaits ne sont pas significatifs.

Lionel Seguin, enseignant au SUAPS, est également très prudent quant à la pertinence des applications qui permettent de faire du sport.

Pour lui, l’essentiel c’est la progressivité avec des séances de l’ordre de 40 minutes. Il faut savoir écouter son corps et ne pas forcer. Une pratique sportive de l’ordre de 2 à 3 séances par semaine est tout à fait pertinente pour une reprise.

Cet article n’est pas exhaustif, d’autres aspects comme la situation des sportifs de haut niveau ou la question des régimes sont abordés dans cette table ronde que vous pouvez retrouver dans son intégralité ci-dessous.

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