Festival Écoles de Passages #2 : Tables rondes autour du spectacle vivant et de ses cursus

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Pour cette 2ème édition, le Festival Écoles de Passages propose de nombreux spectacles d’écoles locales et internationales ! Retrouvez des moments intenses en émotion dans un décor éphémère créé pour l’occasion. Théâtre, exposition, restauration & buvette, c’est à l’espace BMK sur l’île du Saulcy à Metz du 1 au 9 juin 2018 !

 

Vendredi 1er juin avait été l’occasion d’une première table ronde pour Écoles de Passages : Les classes préparatoires, passage obligé pour entrer dans les grandes écoles ? Dispositif national, il prépare selon la filière au concours d’entrée des grandes écoles, ici, aux grandes écoles artistiques.

Cette table ronde a discuté des enjeux de la mise en place d’une une classe préparatoire puisque Passages avec l’aide de Cirk’Éole souhaite en ouvrir une avec une spécialité Cirque à Montigny-les-Metz et qu’un arrêté récent (05/01/18) en re-dessine les modalités.

> Plus d’informations auprès de Passages.

 

Septembre 2018 à l’UL : Ouverture du Master 2 Mise en scène et dramaturgie en Europe

La seconde table ronde porte sur le Master 2 en dramaturgie. C’est apriori l’occasion d’avoir des intervenants qui le présentent et des étudiants, des futurs étudiants ou des professeurs qui posent des questions afin de se renseigner ou de soulever des problématiques liées. Les inscriptions sont jusqu’au 15 juin !

Concrètement c’est un master qui a une première rentrée prévue en septembre 2018. Il forme notamment aux métiers de la mise en scène et de la dramaturgie, pensé en collaboration avec les besoins des théâtres de la Grande Région (France, Luxembourg et Allemagne). Le master forme donc des professionnels de la dramaturgie capable de travailler dans plusieurs langues. Les questions soulevées rejoignent les questionnements sur la mobilité des étudiants lors des discussions franco-allemande à Sciences Politiques Nancy en février 2018. Un intervenant fait remarquer que les étudiants ont peur de partir ou ont peur de ne pas assez maîtriser une langue alors que le master a conscience de ces écarts.

Catherine Keutzel, une comédienne, metteuse en scène et intervenante à l’UL est positive quant à la portée de ce master.

 

On demande aux étudiants en théâtre d’avoir beaucoup de culture théorique mais aussi d’être professionnellement prêt à la sortie de leurs études, dit Olivier Goetz, maître de conférence à l’UL. Le master « Mise en scène et dramaturgie en Europe » de l’Université de Lorraine compte former des jeunes professionnels prêts à entrer dans la vie active mais en ayant le plus de compétences possibles pour travailler en Europe. Un deuxième semestre se fera en immersion par exemple dans une Maison de Création.

Cependant un étudiant semble septique face à cette professionnalisation annoncée.

 

« A part Passages, il n’y a pas de Théâtre à Metz », plaisante un des intervenants Stéphane Meyer, administrateur général du NEST, le centre dramatique de Thionville. La plaisanterie semble passer difficilement auprès du public qui fait remarquer que Metz a un Opéra-Théâtre…

Roxanne Martin, professeur en histoire et esthétique du théâtre à l’UL, répond à une étudiant s’inquiétant d’un master face à une formation en école sur concours : c’est une question d’investissement et d’opportunités à saisir. « Koltès a été refusé à l’ENS » ajoute le directeur de Passages, Hocine Chabira.

Il peut exister comme premiers parcours ou comme passerelle les Beaux-arts, les études culturelles françaises ou allemandes, les différentes écoles d’arts : il faut néanmoins une licence pour intégrer une maîtrise en arts-plastiques ou en scénographie menant au master 2 Mise en scène et dramaturgie en Europe, ou une licence et une maîtrise pour accéder directement au M2 cité.

 

 

État des lieux de l’insertion professionnelle dans le spectacle vivant

La troisième table ronde du mercredi 6 juin réalise une sorte d’état des lieux de l’insertion professionnelle au sein du domaine du spectacle vivant. Est-il plus facile de commencer sa carrière d’artiste (comédien, metteur en scène, scénariste, etc.) en sortant d’une grande école ? Quelles sont les réalités du terrain auxquelles se confrontent les jeunes professionnelles.

Vincent Adelus, modérateur des quatre tables rondes, propose de commencer par un état des lieux de l’insertion en France puis d’effectuer une ouverture extra-européenne en donnant la parole aux directeurs des écoles de Tunis et Ouagadougou. La question est de voir comment est envisagé l’insertion et le recrutement dans le secteur du spectacle vivant en France et ailleurs.

La chargée de communication de l’école du Théâtre National de Strasbourg (TNS) présente celle-ci. Cette école suit 51 élèves (metteur en scène, dramaturge, 12 comédiens, régisseurs) pendant 3 ans. Elle se compose de 2 promotions. Deux années sur trois font l’objet d’une sélection sur concours pour créer une nouvelle promotion. Après l’obtention du diplôme DNSPC, l’école estime le taux d’insertion professionnelle entre 85 et 95%.

Une représente du Centre National des Arts du Cirque (CNAC) de Chalon-en-Champagne le présente. C’est une École Normale Supérieure (ENS) mais également un centre de ressources en convention avec la BnF, un service de formation tout au long de sa vie professionnelle circassienne ainsi qu’un atelier de fabrication d’agrais de cirque et un institut de recherche. Existant depuis 1986, l’enseignement se fait sur 3 ans et la sélection sur concours. Il est plus facile d’après le CNAC de préparer le concours grâce à une école préparatoire de cirque et/ou en ayant suivi une spécialité cirque au lycée. Le concours s’étale sur 1 semaine dont 1 jour entier est dédié à la santé afin de vérifier l’aptitude physique de chacun des concurrents afin, dans le cas d’une inaptitude, de les réorienter vers des écoles de danse, théâtre, etc. Comme de nombreuses écoles de spectacle vivant, un spectacle de fin d’étude est organisé : à la générale en janvier de leur dernière année, les étudiants obtiennent leur diplôme et le soir de la première, ils signent leur premier contrat. Ce premier contrat de plusieurs mois pour jouer ce premier spectacle permet aux dorénavant jeunes professionnels d’avoir assez d’heures pour ouvrir leurs droits à un statut d’intermittent du spectacle. Les débouchés se sont néanmoins ouverts car les compagnies de danse et théâtre travaillent parfois avec des circassiens.

Les conseils régionaux et le JTN aident les écoles. Le Jeune Théâtre National accompagne pendant trois ans les artistes issus des deux écoles nationales supérieures d’art dramatique ; et au delà des 3 ans le taux d’insertion est encore élevé puisque les jeunes professionnels ont pris le temps de se créer un réseau selon les représentantes des deux écoles, le CNAC et le TNS.

Une représentante de Prémices, un office social et solidaire, est présente. Elle pose la question : « Comment insérer une génération entière qui arrive sans cesse et qui souhaite aussi travailler ensemble ? Il faut faire attention à ce qui est autour de nous, qu’est ce que c’est qu’être un artiste ? Un service public ? Est ce que l’émergence est subventionnable ? ». Cela concerne des jeunes compagnies comme la Compagnie Logos.

La Région Grand Est intervient en expliquant qu’un dispositif d’aide à la création après 2ans d’existence, plafonnée à 20.000€ par an, peut être demandé. Tandis que pendant ces deux premières années une aide à l’émergence, plafonnée à 8.000€ par an, est possible mais seulement si la compagnie est parrainée sous forme d’une convention. Néanmoins ces dispositifs s’ouvrent à 3 projets pour 3 ans donc seulement 1 projet éligible par an, ce qui est très peu et très frustrant pour les petites compagnies.

La DRAC Grand Est, Direction Régionale des Affaires Culturelles, est le représentant étatique à l’échelle de la région. Son représentant à Passages présente l’aide à la création proposée : pour une compagnie, il faut avoir un partenaire engagé et avoir eu 10 diffusions, ce qui est plus abordable que ses propres anciennes conditions. Il évoque également le compagnonnage pour auteur et comédien. Cela permet entre 6 et 8 dates vendues en moyenne par an pour acteur et comédien face à 2 à 4 pour la danse.

La Compagnie Logos prend la parole. Guillaume Cabrera, le metteur en scène de cette compagnie de théâtre est issu du Conservatoire de Théâtre Nancy comme certains des autres membres de la compagnie. Cette compagnie est née de l’envie de raconter des histoires, de les partager avec le public. Le suivi est moindre une fois avoir quitté le conservatoire. Guillaume Cabrera parle d’une « sensation de parents qui nous lâchent ». La création et la pérennisation administrative et financière d’une compagnie est difficile et sans aide. « On cherche sur internet » pour connaitre la marche à suivre. Il faut se battre, dit-il et les débuts se font bénévolement. Il semble difficile de vivre de sa création, d’émerger en tant que groupe de jeunes créateur sans un « maître » pour se faire guider. Parmi les membres de la compagnie, c’est une forme de frustration qui ressort de cette table ronde où des aides étatiques semblent exister mais sont difficiles d’accès.

Un membre de la Compagnie Logos réagit après cette table ronde à propos de la professionnalisation de sa compagnie mais aussi sur ce qui s’est dit à l’international (cf. suite de l’article).

 

 

Être un professionnel du théâtre : Comment ça se passe ailleurs ?

Toujours au sein de la 3ème table ronde du Festival Écoles de Passages, deux écoles africaines prennent la parole.

Le directeur de l’École d’Acteurs de Tunis explique que le théâtre en Tunisie se confronte à 2 problèmes majeur : l’insertion et la formation professionnelle sont pauvres ou inexistantes. Deux institutions académiques s’occupent de former les enseignants de théâtre scolaire pour les activités extra-scolaires mais pas des intervenants professionnels dans le secteur du spectacle vivant. La formation académique rassure en Tunisie car « On entre avec le bac et on vise le LMD* » , dit le directeur, (*parcours universitaire Licence Master Doctorat). La Tunisie comprenait environ 640 compagnies indépendantes en 2012 et nombreux sont celles qui vivotaient et vivent toujours difficilement.

L’École d’Acteurs de Tunis propose un parcours de 2ans. Ce sont deux années de 10 mois avec des semaines de 37h/semaine de cours, ce qui correspond à du 9-17h avec 30min de pause à midi. Un travail de fin de formation au bout des 2 ans est réalisé tel que la pièce présentée Les Enfants Perdus qui est un travail d’écriture et de mise en scène à 7 mains entre les 5 acteurs, le metteur en scène et un assistant technique. A l’issu de la formation, les 5 ou 6 acteurs forment la famille théâtrale de Tunis et signent un contrat de 12mois au Théâtre National de Tunis en sortant d’école. L’entrée se fait sur concours et la sortie de l’école également. Selon le directeur, c’est une forme de « pépinière où les jeunes essayent d’exister ». Néanmoins l’État étant la seule source de financement, « le théâtre se fait dans l’indigence, dans la misère ». Le directeur explique que certains professeur acceptent de venir sans être défrayés au-delà de leur rémunération puisqu’ils comprennent la situation alarmante du secteur théâtrale en Tunisie. Depuis plusieurs années, l’État ougalais discute de comment introduire l’éducation artistique dans le système scolaire sans grandes avancées pour le moment.

Et au Burkina Faso ? « L’éducation artistique est inexistante dans le système scolaire. » dit le directeur de l’école de théâtre ouagalaise. Le secteur manque de structure, de filières et des formations théoriques. Le secteur et l’école n’ont aucun financement ni de soutien conséquent de leur ministère de la culture. Cependant le directeur de l’école met l’accent sur le dynamisme des jeunes. En école ou non, les jeunes comédiens créent et essayent de monter des spectacles et des structures d’accueil de spectacles commencent à voir le jour. C’est la réalité d’un théâtre pauvre et sans moyen, l’insertion professionnel demande un dynamisme important, il faut se battre pour se garantir une activité. Quelques artistes parviennent à se professionnaliser. Mais l’accompagnement administratif est un vrai défi !

L’École de Ougadougou est une création de JG, un passionné de théâtre. Ce sont 15 élèves qui entrent par an pour 3ans de formations qui se closent par un spectacle de fin d’études. Le spectacle par en tournée dans une grande partie de l’Afrique de l’Ouest pour « sortir la tête de l’eau des jeunes comédiens », pour les aider dans leur insertion professionnelle.

 

 

> La dernière table ronde organisée par Passages le jeudi 7 juin porte sur la diversité dans les écoles. Depuis plusieurs années, les structures de diffusions sont sensibles à la diversité sur le plateau en terme d’initiative et de conception. Passages et ses intervenants se questionnent sur la permission de cette même diversité mais au sein des écoles.

> Plus d’informations auprès de Passages.

 

Retrouvez l’article suivant sur le Festival Écoles de Passages ici :

Festival Écoles de Passages #3 : Du théâtre tunisien et russe mais surtitré !

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