COP26 : les jeunes mobilisés pour le climat à Metz

 In Politique et Société, Reportages

Comme partout dans le monde, des manifestants ont défilé à Metz pour réclamer des mesures pour le climat, en pleine COP 26 à Glasgow. La faible mobilisation n’a pas freiné la détermination des nombreux jeunes et militants présents.

À Metz, ce samedi 6 novembre, 250 personnes ont défilé pour dénoncer l’inaction climatique. On attendait une plus grande mobilisation pour le cortège qui s’est élancé depuis le parvis des droits de l’Homme, devant le Centre Pompidou. Rassemblant des associations, des partis politiques et des syndicats, la manifestation s’est surtout illustrée par la forte présence des jeunes. Inquiets pour leur avenir, ils se sont portés en tête du cortège, comme un symbole.

 

Une manifestation pour les générations futures

Portant sur un brancard « une planète malade » avec 3 autres jeunes, Marie, lycéenne à Cormontaigne, est là pour « faire changer les choses ». « C’est pour notre avenir qu’on milite. Si on ne fait rien on n’est même pas sûrs d’en avoir », explique-t-elle.

Comme elle, de nombreux jeunes s’engagent et militent en faveur du climat. Principaux concernés, ils ont donné de la voix tout au long du parcours : « Amazonie brûlée, jeunesse sacrifiée », ont-ils notamment chanté.

Pour Aurore et Emie, elles aussi lycéennes à Metz, il est important de se mobiliser pour la planète. Avec leurs pancartes « SOS » et des clichés des conséquences climatiques dans le monde, les deux amies viennent toujours toutes les deux pour les causes qui leur tiennent à cœur. « Ma famille trouve vraiment que ça ne sert à rien de venir, mais c’est mieux ça que de rien faire », raconte Emie. Les deux lycéennes ne font plus confiance aux promesses du gouvernement. « C’est du bla-bla mais il faut agir quoi », déplore Emie. « Que les lois s’appliquent. Que tout ce que le gouvernement nous promet s’applique enfin », réclame quant à elle Aurore.

 

Gaël, ancien étudiant à la recherche d’un emploi se sentait lui « obligé » de venir. Sa peur de ce qui va arriver dans dix ou vingt ans l’a fait descendre dans la rue. Lui, souhaite « remettre en cause la croissance infinie et le consumérisme » qui nuisent au climat. Et ça passe par de petites actions quotidiennes « à son échelle » pour Matthieu, étudiant à l’ENIM et membre de Youth For Climate. Tenant une bâche sur laquelle il est écrit « Changeons le système et pas le climat », le jeune homme croit que « tout le monde peut le faire finalement. »

Toutes les générations étaient rassemblées dans le cortège, partageant une vision commune de la société nouvelle qui doit émerger pour faire face au dérèglement climatique. Éric Tschudy, du collectif Metz Marche pour le Climat, craint pour sa fille de 16 ans : « son avenir est en jeu », s’alarme-t-il. Mobilisé comme beaucoup d’actifs pour les générations futures qui, selon lui, « subiront de plein fouet l’inaction politique qui est criminelle ».  Végétarien et se déplaçant à vélo, le militant pense qu’il faut « passer par la sobriété ». « Arrêter nos excès c’est vraiment simple : manger moins de viande, moins se déplacer, moins consommer, ce sont vraiment des choses compatibles avec notre mode de vie », explique-t-il.

Les jeunes manifestants effectuent une minute de silence pour tous les réfugiés climatiques / Florent HEIB

« Ceux qui nous dirigent ne sont rien, nous sommes tout »

Arrivés place de la République, les jeunes ont observé une minute de silence, assis par terre pour tous les réfugiés climatiques, avant d’écouter un discours tenu par l’organisatrice de l’événement, Isabelle Catalan. Militante pour l’association Attac et Air Vigilance, elle se bat depuis vingt ans pour la protection de l’environnement. Isabelle Catalan se réjouit « de voir qu’il y a beaucoup de jeunes qui sont là ». Elle aussi est inquiète pour l’avenir de ses petits-enfants. Depuis juin, tous les premiers samedis du mois, Isabelle Catalan organise des manifestations pour le climat. La mobilisation dans la rue est primordiale « pour que les gens sortent de leur sentiment d’impuissance et de leur résignation. » Isabelle Catalan tient à délivrer un message à tous les jeunes : « Ceux qui nous dirigent ne sont rien, nous sommes tout » avant d’ajouter que « la terre et nos vies valent le coup qu’on se bouge. »

La manifestation s’achève autour d’un stand et d’une collation, dans la bonne humeur et la musique. La mélodie de « Paroles, Paroles » jouée à la trompette par François Drapier, ancien professeur d’E.P.S, avec une teinte d’ironie, témoigne du fait que les manifestants ne se font pas d’illusion pour la COP 26. « Ce qui sort de la COP 26 et de la bouche des dirigeants des pays occidentaux et de la Chine c’est paroles et paroles », se moque-t-il. Mais comme tous les manifestants présents ce samedi, il garde toujours au fond de lui de « l’espoir, de l’espoir en l’humanité ». « Même si ça se fait dans l’urgence, les gens à un moment donné vont réagir. Ils vont se réveiller », répète-t-il.

« Moi je ne suis pas résignée, depuis que je suis née je ne suis pas résignée »,
s’exclame Isabelle Catalan, bien déterminée à faire bouger les choses. / Clément Roudot

Retrouvez le reportage de la manifestation pour le climat de Metz ci-dessous :

 

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