La scène musical Metal en France

 In Musique

« Le rock devrait être brut et c’est là qu’est tout le fun. »

Bruce Dickinson chanteur du groupe Iron Maiden


Qu’entend-on par « metal »  ? D’où vient-il ? Quelle est sa représentation en France ?  

Tout d’abord, posons les bases : qu’est-ce que le metal ? 
Le terme désigne aujourd’hui une multitude de genres et de sous-genres musicaux dont les racines plongent à la fin des années 1960.

Il renvoie à une famille musicale dont l’origine doit autant au hard rock qu’au heavy metal. Des genres musicaux dont Led Zeppelin, Black Sabbath et Deep Purple constituent les figures importantes. En trente-cinq ans, ces trois formations vont engendrer une descendance massive. On compte aujourd’hui plus de soixante-dix genres et sous-genres affiliés à cette vaste famille musicale. Sans compter que cette appartenance ne relève, en outre, jamais exclusivement du seul registre musical. 

Elle procède également de conditions sociales, esthétiques, géographiques, médiatiques, économiques et culturelles. Ce qui rend toute définition du metal particulièrement complexe.

Vient alors la question : comment est-il arrivé en France et quel accueil a-t-il reçu ?


Le rock’n’roll et les formes culturelles qu’il inclut ont traversé l’Atlantique au tournant des années 1960. Si bien qu’au moment où les premiers groupes hard rock et heavy metal émergent en Grande-Bretagne et aux États-Unis vers la fin des années 1960, les éléments permettant sa réception en France sont déjà en place. On pense en particulier aux magazines spécialisés dans les différents courants du rock, mais aussi aux émissions radio animées par Bernard Lenoir et José Arthur sur France Inter, Michel Lancelot ou Pierre Lattès sur Europe n° 1 ou encore Jean-Bernard Hebey sur RTL. Jusqu’à l’apparition du punk vers 1976, le terme hard rock qualifie un type de pop music dont les artistes sont plus ou moins associés au mouvement contre-culturel post-68 au même titre que les autres courants de la pop music 3 tels le rock psychédélique, l’acid rock, le planant ou le décadent.

À l’arrivée du punk, la pop music, considérée comme la musique de la génération précédente, est bousculée. Pris dans cette tempête, ce qu’on l’on appelle alors de manière indifférenciée « hard rock » ou « heavy metal » résiste plutôt bien. Les enquêtes réalisées en France montrent même que ces genres s’implantent massivement et durablement. Ils s’émancipent du genre « baba » et font de plus en plus d’adeptes. En 1983, une enquête portant sur les lycéens et la musique met en évidence que le genre est écouté à la fois par les élèves des filières classiques, techniques et professionnelles. Pourtant, la critique musicale rock rejette le genre en bloc. Elle le considère comme peu inventif sur le plan musical, machiste et sans conscience politique. Les courants post-punk bénéficient plus facilement des faveurs des médias spécialisés. Le modèle de cette posture est représenté par le magazine Les Inrockuptibles, apparu en 1986. Un phénomène de rejet également partagé par certains musiciens.

En dépit des critiques qui lui sont adressées, le succès du hard rock/heavy metal ne se dément pas. Par exemple, en 1988, le magazine Hard Rock écoule davantage d’exemplaires que des institutions telles que Rock&Folk. D’autre part, au début des années 1990, le créneau apparaît comme l’un des plus prolifiques en termes de ventes de disques.

À l’aube des années 1990, une série de genres musicaux nouvellement apparus (grindcore, death metal, black metal), regroupés sous l’appellation « metal extrême », prend un tournant DIY. Ce mode de fonctionnement alternatif initié par le courant punk conduit au développement de labels indépendants, de fanzines, de listes de distribution, de disquaires spécialisés metal et de petits lieux de concerts. La scène locale en tant que pôle de création devient alors décisive pour le metal. Le metal est pratiqué par quantité de musiciens un peu partout en France, comme le prouvent des enquêtes réalisées au sein de plusieurs régions. Il mobilise de nombreux médias spécialisés (magazines ou webzines) et suscite l’intérêt de médias généralistes. Il produit des artistes (Gojira, Scarve, Blut Aus Nord), des événements (Hellfest) et des labels (Osmose Productions, Season of Mist, Listenable) de stature internationale. Et l’ensemble de ces producteurs culturels bénéficient du soutien d’un grand nombre d’amateurs. Le metal en tant que pratique artistique et culturelle est donc particulièrement présent en France, tout comme d’ailleurs dans la majeure partie des pays industrialisés.

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