27ème édition du Festival International du Film Fantastique de Gérardmer: un week-end de cinéma de genre au cœur des Vosges (Festival du Film Fantastique de Gérardmer 1/3)

 In Cinéma/ Séries, Sorties culturelles

Du 29 Janvier au 3 Février 2020, la ville de Gérardmer accueillait pour la 27ème année son Festival International du Film Fantastique. Une équipe de Radio Campus Lorraine était sur place ce week-end, retour sur l’événement lors de ces deux jours.

Samedi, début d’après-midi. Les festivaliers affublés d’un pass autour du cou sont nombreux dans les rues, la pluie s’abat au cœur des montagnes, et les files d’attente devant les quatre cinémas s’étirent loin, que ce soit pour les réservations ou la dernière minute.

Premier film du week-end dans le cinéma MCL, Sea Fever. Le film irlandais en compétition raconte l’histoire d’une jeune étudiante scientifique qui intègre le bateau d’une famille de familles de pêcheurs, pour effectuer ses recherches au cœur du terrain. La jeune femme effraie de premier abord les membres de l’équipage, car étant rousse, la superstition veut que cela porte malheur. C’est alors au moment où ils se retrouvent perdus au milieu de l’océan que les choses dérapent: une étrange créature s’accroche au bateau, et une épidémie apparaît au sein de l’équipe… Le film est dérangeant, notamment pour les claustrophobes et les thalassophobes, et offre beaucoup de gore poisseux, mais reste un scénario vu et revu. C’est donc un 2/4 tant il est difficile de savoir si le film a convaincu ou pas.

Même salle pour la séance suivante: Personal Shopper réalisé par Olivier Assayas, film inscrit dans le cadre de l’hommage au cinéma français. Difficile de résumer le scénario tant il part dans tous les sens et ne met pas fin à des intrigues qu’il a lancé. L’inexpressivité de Kristen Stewart, premier rôle du long-métrage, n’aide pas…

Direction l’autre bout de la ville sous la pluie pour rejoindre le Casino. 1BR: The Apartment, premier long-métrage en compétition de l’américain David Marmor, fait salle comble pour sa dernière projection, si bien que des spectateurs sans réservation n’ont pu accéder à la salle. Nous suivons Sarah, jeune femme qui obtient l’appartement de ses rêves à Los Angeles. Des voisins aimables, une résidence calme… Le paradis, vraiment ? Plus pour longtemps… C’est un franc succès, le public est totalement absorbé dans le film: il souffre avec la protagoniste, acclame certaines actions, et finit par applaudir fortement lorsque le film se termine. C’est sur ce film que la journée se conclue, et c’est un 4/4 adressé au film. (pour une critique détaillée de 1BR: The Apartment, c’est ici que ça se passe).

The last day… before the next year

Deuxième et dernier jour, toujours sous la pluie et le vent interminables des Vosges. Après un bref passage autour du Lac de Gérardmer totalement embrumé par le temps (de quoi se croire dans un film d’horreur… on reste dans le thème au moins), petite visite de l’Espace Fantastique à l’espace Tilleul. De quoi ravir les fans de genre: DVD, blu-ray, romans, affiches, goodies ou encore des produits dérivés du Festival sont disponibles. De nombreux auteurs sont également présents, dont Bernard Minier.

Retour dans les salles de cinéma pour un film franco-luxo-belge: The Room, réalisé par Christian Volckman. Prévu pour sortir le 25 mars 2020 sur le territoire français, le film dresse l’histoire d’un jeune couple de trentenaires qui découvre dans leur nouvelle maison une pièce qui exauce tout désir matériel… C’est un 4/4 pour ce film en compétition, aussi bien que pour sa réalisation que pour son récit qui parvient à instaurer une grande tension sans même utiliser de sang.

Et les vainqueurs sont…

Après une brève pause, c’est direction la file d’attente pour la remise des prix. Même en arrivant une heure en avance, la file sans réservation est déjà bien remplie. Et l’Espace LAC où a lieu la cérémonie sera plein à craquer: festivaliers, journalistes, réalisateurs et membres du jury sont réunis dans la même salle, de quoi impressionner tout passionné.

Le palmarès tombe, et les jurys remettent leurs prix. La cérémonie s’ouvre avec le Grand Prix du court-métrage: le jury – présidé par Benoît Forgeard et composé de Lucie Boujenah, Thomas Cailley, Louis-do de Lencquesaing et Coralie Fargeat, a choisi d’offrir la récompense à Dubbik, de Dayan D. Oualid. Une mention spéciale a été attribuée à Figurant de Jan Vejnar. Place désormais à la remise de prix des long-métrages. Le Jury Jeunes attribue en premier lieu son prix pour Saint Maud, de Rose Glass. 1BR: The Apartment remporte sans surprise le prix du public. Vient alors le Prix de la Critique: le jury a choisi « à l’unanimité » Saint Maud, qui en est désormais à son deuxième prix. S’il avait été possible d’accorder une mention honorable, elle aurait été attribuée à Vivarium de Lorcan Finnegan.

Le jury du long-métrage – présidé par Asia Argento et composé de Flavien Berger, Arielle Dombasle, Jean-Benoît Dunckel, Christophe Gans, Jean-François Rauger, Niels Schneider et Alice Winocour – monte alors sur scène, pour attribuer leurs prix aux films qui les ont conquis. La musique originale qui a résonné dans le cœur des jurés est celle de… Saint Maud, qui en est désormais à son troisième trophée. Les deux prix les plus attendus arrivent : Howling Village remporte le Prix du Jury, et vient alors le Grand Prix 2020 pour cette 27ème édition du Festival Fantastique de Gérardmer: sans surprise, Saint Maud.

La cérémonie se termine pour faire place au film de clôture, et la salle se vide petit à petit. Une autre séance de clôture a lieu à 22h, et la salle n’est pas pleine à craquer pour Warning: Do Not Play. Un final qui ne vend pas autant de rêve que tous les métrages diffusés ces cinq derniers jours: un scénario de creepypasta (une réalisatrice de films d’horreur qui découvre un film qui aurait été réalisé par un fantôme), des screamers et du gore qui ne sert pas le scénario. Mais on pardonne, car on aura vu de bons films ce week-end. Des films qui ne quitteront pas notre mémoire de sitôt.

Gérardmer, c’est un festival indispensable pour un passionné de cinéma de genre. Gérardmer, c’est l’occasion de voir des films qui osent, des films qui ne sortiront peut-être malheureusement pas dans les salles françaises, mais qui marquent plus l’esprit que n’importe quel blockbuster. Gérardmer, c’est un festival de cinéma sans bling-bling et sans paillettes et qui ne se résume qu’à l’art fantastique.

Alors, amoureux du cinéma de fantastique, d’horreur et de science-fiction, rendez-vous du 27 au 31 Janvier 2021 pour la 28ème édition du Festival du Film Fantastique de Gérardmer.

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