À la Grange-aux-Bois, le gymnase comme refuge

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À la Grange-aux-Bois, à Metz, plus d’une vingtaine de migrants a trouvé refuge dans le gymnase du quartier sous l’impulsion de plusieurs bénévoles et associations. Comment s’organise cette communauté et quel avenir peuvent espérer ses membres ?

Crédit photo : Sonia

Des hommes et des femmes seuls, des couples, des personnages âgées, des familles arrivés de Côte d’Ivoire, du Cameroun, du Mali, d’Albanie, de Géorgie ou encore de Serbie. Tous viennent d’horizons différents mais ont un point commun : le gymnase de la Grange-aux-Bois. C’est ici que s’est créée, depuis le 29 mars, une « communauté où il y a une super solidarité, une unicité » et où « les différences restent à la porte du gymnase. Il n’est plus question d’origine, on est tous frères et sœurs, tous des êtres humains, des semblables », confie Sonia, l’une des bénévoles. Une vingtaine de personnes s’est installée dans le complexe où « chacun se fait son petit coin. On sépare les personnes âgées et les couples avec des tables de ping-pong pour créer une certaine intimité », poursuit la gérante de ce gymnase. « On arrive à créer une symbiose entre nous de manière culturelle dans la nourriture, le jeu, le sport. On arrive à échanger, on apprend de nouvelles langues, de nouvelles choses, on blague entre nous. C’est la qu’on voit que tout le monde est pareil », témoigne Jean, un des migrants venu de Côte d’Ivoire.

« Grâce aux bénévoles, on a un toit au-dessus de la tête »

Dans cet endroit où « même s’il n’y a pas toute la commodité d’un vrai logement, on a un endroit où dormir », le fonctionnement repose sur l’entraide et les dons. « On est en relation avec les associations pour la nourriture. On a aussi la chance que des bénévoles nous apportent à manger », explique Sonia. Les pensionnaires du gymnase dorment sur des tapis de gymnastique, dans les vestiaires ou encore dans les gradins. Pour soigner les malades, « une équipe de street médic’ fait le relai et un docteur est venu lundi matin pour voir les gens, faire des ordonnances. On a une dame âgée diabétique, c’était urgent qu’elle ait un traitement». Pour ces individus demandeurs d’asile, la France est un moyen d’échapper à la misère de leur pays d’après Jean. « Nous sommes contents d’être là, c’est pour être bien qu’on a fui et qu’on est venu en France. Grâce aux bénévoles et à toutes les personnes qui œuvrent dans l’ombre avec toute la considération qu’ils ont pour l’homme, on a un toit au-dessus de la tête. » 

L’État pointé du doigt

Pour Sonia, l’État ne remplie pas son rôle et évite le problème de logement de ces demandeurs d’asile, aussi bien à Metz que dans le reste du pays. « Je pense que l’État s’en fout. Faire dans l’humain, ce n’est pas avantageux pour eux. Ils trouvent une solution temporaire pour qu’on les laisse tranquille. Ils savent qu’après la trêve hivernale, les beaux jours arrivent. » L’objectif pour les bénévoles est donc d’accompagner ces migrants dans la procédure pour obtenir des papiers et les aider à trouver un appartement. « On se bat. L’objectif est de leur donner un lit et d’arrêter de leur donner des matelas ou des tapis. On veut qu’ils aient les mêmes droits que nous et que tous leurs droits soient respectés ».

Retrouvez l’intégralité de cette interview dans L’heure de pointe, ce jeudi 18 avril.

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