Roumanie : le cauchemar des salariés et des patrons commence…

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La Roumanie connaît déjà un taux de chômage élevé et la précarité de l’emploi fait partie du paysage social depuis de nombreuses années. C’est un pays « pauvre », le salaire moyen étant de 520 euros par mois. L’État tente donc de remettre à niveau ses caisses en faisant payer plus les salariés.

Une baisse de salaire d’ici 2019

Moins 20% : c’est la baisse estimée du salaire net en moyenne pour le 1er janvier 2019. Si la réforme est adoptée, il s’agira donc de faire payer les cotisations sociales des patrons par les employés.

Pour faire simple :

  • le salaire brut, c’est ce que gagne un salarié avant que l’État n’en retire une partie (ce que l’on appelle des taxes ou des cotisations)
  • le salaire net, c’est ce que gagne le salarié au final, réellement.

Aujourd’hui, comme en France, les employeurs doivent payer des cotisations patronales et le salaire brut à leurs employés. Quant aux employés, ils payent des cotisations salariales. Cependant, la Roumanie veut diminuer voire presque éliminer les cotisations patronales. Ils doivent tout de même prendre de l’argent quelque part, et vous voyez le coup venir : ils vont augmenter les cotisations salariales. Le salaire brut devra donc être augmenté mais c’est au bon vouloir des patrons. Un énorme bouleversement fiscal est donc à prévoir

Une perte d’une semaine de dépense

La majorité des employés ont peur que les patrons ne jouent pas bien le jeu et n’augmentent pas le salaire brut. Pour certains Roumains cela représenterait une perte d’une semaine de dépense pour toute la famille ; cela va de moins 170 euros à moins 300 euros par mois selon les emplois. Pourtant, ce pays est en pénurie de main d’œuvre, les patrons se verront donc contraints d’augmenter le salaire brut pour ne pas la faire fuir. De plus, c’est un véritable cauchemar administratif car il faut réécrire tous les contrats de travail.

Le pays en grève !

On a donc assisté ces derniers jours à des manifestations dans tous le pays. Les plus fortes et les plus révélatrices du problème sont celles qui se sont déroulées à la capitale, Bucarest : c’est devant les bâtiments officiels que des chaînes humaines, des défilés de nuit, des rassemblements ont été faits principalement. Les ouvriers du constructeur automobile Dacia se sont aussi exprimés en faisant ce que l’on appelle un « piquet de grève », c’est-à-dire qu’ils ont interdit l’accès à l’usine aux salariés non-grévistes.

Pour conclure, une baisse drastique du salaire ne fait pas le bonheur des patrons, ni des employés roumains mais celui des caisses de l’État. Selon les dirigeants du pays, il s’agit juste de remettre de l’ordre dans la fiscalité.

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