Loi El Khomri : Premier tour de chauffe en Lorraine

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A l’appel de plusieurs syndicats de gauche et de l’UNEF, les étudiants français ont battu le pavé dans les rues des grandes villes de France pour demander le retrait de la loi El Khomri. En lorraine aussi, les jeunes ont manifesté à Metz et à Nancy. Un « succès » pour l’UNEF, même si les syndicats sont divisés : les « réformistes » (CFDT, FAGE…) manifesteront eux de leur coté le 12.

Léo Sansom - Reponsable de la section locale de l'UNEF galvanise ses troupes Place Stanislas - Crédits Photo : Jérôme Besch

Léo Sanson – Reponsable de la section locale de l’UNEF galvanise ses troupes Place Stanislas – Crédits Photo : Jérôme Beche

Ils sont assez peu nombreux à s’être rassemblés sur le Campus Lettres de Nancy à 12H30, point de Rendez-vous donné par l’UNEF pour cette première journée de mobilisation. Une soixantaine d’étudiants tout au plus, dont des représentants des Jeunes Socialistes et Communistes, assistent au coup d’envoi donné par Léo Sanson, responsable de la section locale de l’UNEF. « Le gouvernement nous prépare quelque chose d’infâme » nous confie-t-il avant de rappeler à ses troupes que « François Hollande avait été élu en faisant de la jeunesse sa priorité principale ». Une promesse que les étudiants, aussi peu nombreux soient-ils, entendent bien rappeler aux premiers intéressés en se mettant en chemin vers la place Stanislas au cri de « sécurité de l’emploi, retrait de la loi, sinon ça va péter ! ». Léo, confiant malgré tout, nous affirme que la mobilisation ne s’arrêtera pas tant que son mouvement n’aura pas eu gain de cause.

Pendant ce temps, sur l’île du Saulcy à Metz, les sirènes incendies du campus SHS sont déclenchés par l’administration et les bâtiments fermés, les étudiants sont évacués en dehors des Amphi où se prépare une grande AG à 13H15.

Juliette Chapelier, Présidente de l'UNEF Lorraine, rassemble ses troupes sur l'île du Saulcy à Metz - Crédits Photo : Pierre Clavel

Juliette Chapelier, Présidente de l’UNEF Lorraine, rassemble ses troupes sur l’île du Saulcy à Metz – Crédits Photo : Pierre Clavel

Le spectre de mai 68 et du CPE.

Encadré par des motards de la police nationale, le timide cortège étudiant arrive finalement sur la place Stanislas à 13H où les attendent les salariés et leurs représentants syndicaux (CGT, FO, FSU…) dont les rangs sont aussi clairsemés. Regroupés devant la préfecture, les quelques centaines de manifestants présents écoutent les discours galvaniseurs de leurs leaders. On agite allégrement les spectres de mai 68, du CPE d’il y a dix ans, et du scandale des Goodyears. Léo Sanson dénonce un projet de précarisation des étudiants et appelle à la mobilisation en continu jusqu’au 31 mars. Au fur et à mesure que les discours se déroulent, la place Stanislas se remplit de monde et c’est un cortège de 2500 à 3500 personnes qui part dans le calme pour un premier tour de chauffe, histoire de prendre la température avant le vrai bras de fer.

Alors que la foule, de retour à la Place Stanislas, se disperse, la manifestation commence à Metz à 14H. Un cortège UNEF/CGT en partance de l’île du Saulcy avec quelques centaines de personnes grossit à vue d’œil en plein parcours pour rassembler 1800 personnes en direction de la préfecture, dont 500 jeunes (selon la police). La CNT et son cortège de quelques centaines de personnes décide de faire bande à part et de se séparer de celui de l’UNEF/CGT.

Des slogans plutôt inspirés sur les pancartes à Nancy - Crédits Photo : Jérome Besch

Des slogans plutôt inspirés sur les pancartes à Nancy – Crédits Photo : Jérome Beche

Partout en France les syndicats et étudiants se sont mobilisés, dans un calme global, mis à part quelques incidents à Rouen, Lyon où à Nantes les manifestants étaient 10 000 dans les rues selon la préfecture, le double selon les syndicats qui annoncent également 15 000 personnes à Bordeaux. L’UNEF revendique en tout 400 à 500 000 manifestants sur toute la France, alors que le ministère de l’intérieur n’en annonce que 240 000. Un chiffre similaire aux premières salves des mobilisations contre le CPE de Dominique de Villepin en 2005. Premier round plutôt réussi donc pour les opposants au projet de loi. La CGT rappelle à la grève générale pour le 31 mars. L’UNEF de son coté appelle à une nouvelle mobilisation le 17 mars, juste avant la présentation du texte de loi en conseil des ministres. Chez les socialistes, certains n’hésitent plus à parler de « fin de règne » pour François Hollande qui devra trouver une réponse à cette mobilisation contre la loi El Khomri pour survivre à 2017.

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