Réhabilitations, « vivre-ensemble » et crise sanitaire : le casse-tête des logements étudiants

 In Non classé, Vie étudiante/université

Retour sur la table ronde « logement étudiant » du 05 novembre dernier. Coorganisée avec la MGEL et en présence de différents acteurs du logement étudiants, Radio Campus Lorraine passe au crible les différents dossiers, de la colocation au logement du futur en passant par la réhabilitation des logements et résidences universitaires.

Plusieurs acteurs du logement, parfois spécialisés dans le logement étudiant, ont accepté de répondre à nos questions pendant près d’une heure et demi. On retrouve ainsi :

Brigitte Heimermann, directrice du CLOUS Lorraine, représentante du bailleur public, le CROUS Lorraine. Avec un parc immobilier de près de 7000 logements en lorraine , de 9 m² à la studette de 18 m² et que quelques colocations de 30 m².

Patrice Drexler, gérant de MGEL Logement, exploitant de 22 résidences pour environ 900 logements, majoritairement auprès de bailleurs sociaux dont le futur GEC. Ils disposent majoritairement de logements allant de 17m² pour des T1 à 75 m² pour des T4 en colocation. Leur concept, le logement « all inclusive » : salle de sport, billard, babyfoot, Air Hockey et même le petit déjeuner.

Benjamin Poinsignon, associé gérant à l’Agence 147, agence immobilière dont le portefeuille comporte de nombreux logements dits « étudiants », meublés, non meublés, du F1 à la colocation.

Camille Erbstein, déléguée territoriale à l’AFEV METZ, gère, avec un bailleur social, une offre de logements : les colocations à projets solidaires (KAPS) , 6 colocations pour 18 étudiants dans un Quartier Prioritaire de la Ville de Metz. Cohésion dans les territoires, projets solidaires et loyers à petits prix, sont au centre de ce type d’offre de logements.

Le casse tête des rénovations

Avec un parc de 7000 logements pour le CROUS et 900 logements pour la MGEL Logement, ce sont de nombreuses résidences étudiantes qui doivent être maintenues dans un état acceptable pour l’entrée en logement étudiant.

Pour le CROUS, un certain nombre de résidences mériteraient d’être réhabilitées. Les résidences de Montplaisir dans l’agglomération nancéienne et deux résidences du Saulcy sont actuellement en travaux et en cours de rénovation. Au delà d’un simple coup de peinture, l’enjeu pour le CROUS Lorraine est de mettre fin aux chambres de 9m², qui « ne correspondent plus au confort » souhaité par les étudiants, au profit de chambres de 13,5m² incluant des sanitaires individuels.

Ces réhabilitations sont réalisées dans le cadre d’un contrat de plan pluriannuels état-région et d’un plan de relance décidé au niveau national. Entre le constat de la nécessité d’une réhabilitation et sa mise en oeuvre, les chantiers peuvent prendre plusieurs années, même si ces dernières années de nombreuses résidences CROUS ont bénéficiés d’un petit coup de frais.

Parmis les projets de nouvelles résidences CROUS, le P8, sur l’Ile du Saulcy, va sortir de terre et compenser le nombre de logements perdus suite à la réhabilitation de deux des sept résidences du Saulcy.

Du côté de la MGEL, ce sont 100 logements par an qui sont en réfection complète. La MGEL est vigilante, malgré un parc lorrain vieillissant, sur la mise en conformité permanente de ses logements. Dés qu’une nouvelle réglementation implique une mise aux normes des logements, la MGEL veille à l’accomplissement des travaux par le bailleur social propriétaire des murs.

Quant au GEC, résidence étudiante emblématique du campus Carnot à Nancy, désormais dans le giron de MGEL Logement, la réouverture devrait avoir lieu d’ici 2022-2023, avec une grande mise aux normes, une modernisation tout « en gardant l’esprit du GEC ».

Dans le parc privé, Thibaut Poinsignon de l’Agence 147, « le professionnel est la pour garantir légalement le niveau de décence du logement », et les gestionnaires immobiliers doivent proposer un appartement de bonne qualité car « c’est son image de marque qui est en jeu ». Ce professionalisme n’empêche pas la disparité des logements et de pouvoir passer à travers un défaut important lors des visites ou de l’état des lieux d’entrée au logement. S’il peut arriver « des imprévus« , il faut « être le plus réactif possible » quand des problèmes surviennent. Il rappelle néanmoins l’importance de l’état des lieux d’entrée qui peut même être modifié dans un délai légal après l’entrée en logement.

Enfin du côté de l’AFEV, intermédiaire avec un bailleur social dans un Quartier Prioritaire de la Ville, « les logements ont été rénovés quand ils ont été mis à disposition du projet ». La présence de l’AFEV en tant qu’intermédiaire permet de faire le lien entre les étudiants en logement et le bailleur car « c’est compliqué de contacter un bailleur social qui peut avoir un parc immobilier assez énorme ».

Si le bailleur de l’AFEV laisse 21 jours pour modifier l’état des lieux d’entrée, Benjamin Poinsignon rappelle que le délai minimum légal pour modifier un état des lieux est de 10 jours sauf pour le chauffage dont le délai est laissé jusqu’au « premier jour de chauffe ». Pour toutes les autres réparations en cours de l’exploitation du logement, certaines réparations sont à la charge du locataire, d’autres à la charge du propriétaire. Néanmoins, il rappelle que pour chaque question concernant une réparation, « il ne faut pas hésiter à contacter le gestionnaire, qui est la pour aiguiller, orienter le locataire. »

Du côté de la MGEL, chaque résident dispose d’un espace personnel permettant de « déclarer les incidents dans leur logement ». Pour une plus grande réactivité dans le cadre des réparations à effectuer, la MGEL s’est doté d’un technicien par ville mais également d’un « animateur » par résidence, un étudiant qui joue le rôle de « gardien de résidence« , formé aux menues réparations et qui ils « font passer l’habilitation électrique« .

Enfin le CROUS a développé depuis deux ans un logiciel interne qui fonctionne 24h/24 et qui permet à l’étudiant de signaler « tout problème » dans son logement et au technicien de la résidence d’avoir « le matin suivant ses tickets d’incidents » à résoudre.

Les punaises de lit : le nouveau fléau

Veritable fléau dans tout type d’habitation (hôtels, logements sociaux, résidences….) , ce nuisible n’épargne pas les logements étudiants. Depuis 2020, le gouvernement français a même lancé un plan national pour lutter contre l’invasion des punaises de lit. CROUS, AFEV, MGEL et Agence 147 nous explique les protocoles mis en place dès lors qu’un logement est infesté.

La crise sanitaire, perturbatrice pour les entrées en logement, la convivialité et les projets solidaires.

L’année 2020 aura été ponctuée de deux confinements et de plus de neuf mois déjà de crise sanitaire lié à la Covid-19, comment les bailleurs et les intermédiaires se sont-ils adaptés ? Entre les visites virtuelles, les états des lieux en deux temps, la réadaptation des espaces de vie dans les résidences CROUS et MGEL et la révision des temps d’animation, de cohésion et de projets solidaires, nos quatre intervenants logements nous explique comment la crise sanitaire a modifié leurs pratiques et l’accompagnement des locataires.

Le logement du futur : l’enjeu est de »mieux vivre ensemble »

Pour Patrice Drexler de la MGEL, la résidence de demain sera entièrement digitalisée avec des services 24/24h permettant de tout gérer depuis une application, très simple d’utilisation. Pour lui, il n’est pas question que la numérisation de certains services « viennent supprimer des postes ou de la masse salariale », mais de privilégier l’offre de services et d’accompagnement.

Brigitte Heimermann directrice du CLOUS estime que les étudiants sont très en demande d’augmentation d’espaces de convivialité, de salles de sports, de salle de coworking et de laverie connectées.

Pour les agences immobilières, l’enjeu du futur du logement étudiant, la dématérialisation des bails et des états des lieux est un véritable virage qui permet de simplifier les démarches administratives et le métier d’agent immobilier. La multiplication des pratiques de visites virtuelles d’appartement est également un phénomène d’actualité qui va se développer considérablement dans les années futures. Néanmoins, Benjamin Poinsignon de l’Agence 147 estime que ces visites « ne sont pas encore suffisamment précises » pour remplacer les visites physiques.

Quant à l’AFEV, le souhait est de développer plus d’offres alternatives de logements, plus proches des quartiers plus inclusives dans les villes.

Benjamin Poinsignon espère même que la jeunesse sera force de proposition pour repenser le logement et les pratiques du futurs avec des logements « moins energivore, plus écologique » et qui permet au gens de « mieux vivre ensemble ».

Retrouvez ci-dessous l’intégralité de la table ronde logement :

Recommended Posts

Leave a Comment

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

Nous contacter

Envoyez-nous un message !

Not readable? Change text. captcha txt

Start typing and press Enter to search