Ambiance survoltée à la 9e édition du Watts à Bar

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A l’ouest dans la Meuse, dans la petite ville de Bar-le-Duc, d’irréductibles festivaliers venus des quatres coins du pays ont tassé le sol et secoué la tête deux jours durant aux rythmes de tout ce qui se danse sous le ciel étoilé, les tonnelles et les bannières antifa. Dix ans auparavant, les Barisiens (gentilé de Bar-le-Duc, vous dormirez moins bête) étaient loin de se dire que leur ville hébergerait le festival montant dans la région, qui en 2017 affichait à la fois Trust et Alfa Blondy, pour une affluence d’un peu moins de 7000 personnes.

L’association BeReal s’est créée pour combler un manque d’évènements culturels en Meuse avec pour objectif initial la création du festival Watts à Bar, puis s’est étendue à faire vivre la culture des environs, de la Fête du Printemps à la galette des rois. Organiser un festival c’est beaucoup de travail, comme nous le confie Thierry Guigné, président de l’association : la 9e édition s’achève a peine que déjà, lui et son équipe d’agents sont en train de repérer les sorties d’albums et les groupes montants, pour les contacter en vue de la dixième édition anniversaire.

Bar-le-Duc peut se vanter d’accueillir le festival qui monte malgré le silence des médias

Un festival digne de ce nom propose toujours un mur de son pour les tasseurs de sol : le Watts a son Dub Corner. Aux platines cette année, le sound system Brainless : originaire de Bourg-en-Bresse dans les environs de Lyon, le collectif tourne depuis sept ans entre festivals de musique et évènements plus familiaux. Le collectif de trois membres armés d’un saxophone, d’un synthé, d’une guitare et de leurs voix aux effets irréels, nous emporte au fil de la dub et de la drum-n-bass dans un pèlerinage en sur-place vers les caissons, ou les plus entrancés plongent leur tête pour s’assurer de la purification totale de leurs canaux auditifs.

Les DJs de Brainless aux platines du Dub Corner

Peu après leur concert, on retrouve JeanDo des Rouliette Ruse dans l’espace partenaires. Le guitariste perché comme un coucou se vante de son style 70s authentique, qu’il pratique quotidiennement, quand il ne s’essaie pas au rap ou à la production. Ce dernier, ingé son de son métier, Juliette/Rouliette l’approche pour qu’il enregistre sa performance. Le hasard fait qu’ils finissent par travailler ensemble sur son album et partir en tournée. 7 ans de tournée après, on les retrouve ce soir sur la scène du Watts, où Rouliette raconte ses histoires avec son style unique, intime mais sans tabous, presque punk dans l’esprit si ce n’est dans le genre.

Sur la scène Kraken, en extérieur, c’est Victor et son crew Bobine de Cuivre qui mettent le feu aux poudres. Le groupe, originaire de Nancy et ses environs, produit leur son electrap (comme le décrit Victor) sur les scènes de la région depuis le début de l’année, de l’Epicurieux à la Palette en passant par des festivals plus modestes comme le nouveau Monstre et Groseille. Pour se produire au WAB, ils ont pu participer a un tremplin organisé par l’association Be Real grâce à l’engagement de leur fanbase, et c’est après un concert au Temps Perdu (bar associatif de Bar-le-Duc) qu’on a pu les entendre samedi.
Retrouvez Bobine de Cuivre le 28 septembre à la MJC 3 Maisons pour la Release Party de leur premier projet : Trap My World

Passer de l’autre côté de la barrière, un réussite pour Victor et ses camarades

La soirée nous amène a la scène Galago, sous la grande tonnelle, où se produisent Asian Dub Foundation et plus tard La Petite Fumée, deux noms qui parlent bien aux amateurs de sonorités expérimentales plus roots. La Petite Fumée c’est un collectif qui s’est fait une place dans le milieu Trance ces dernières années : initialement musiciens de rue, les membres du collectif vont de fil en aiguille se produire dans des salles de plus en plus grosses et enregistrent leur premier album en 2015 au studio Globe Audio à Bordeaux. Deux albums plus tard, La Petite Fumée est devenu un nom incontournable de la Natural Trance, un genre qu’ils ont contribué à populariser avec Hilight Tribe, un genre qui consiste à reproduire les sonorités de la Psytrance mais cette fois avec de instruments acoustiques.
Batterie, guitare, flute traversière et même didgeridoo, rien n’arrête les musiciens surexcités qui sautent sur scène devant leur décor psychédélique : deux yeux de chouette stylisés qui prennent vie grâce aux projecteurs et aux machines à fumée.
« Jouer de la Trance avec des instruments ? C’est carré ouais, très carré » nous confie le batteur/métronome/chef d’orchestre (comme il se qualifie lui-même), mais derrière l’aspect plus technique du jeu des musiciens, une joie de vivre sincère anime les membres du collectif.

L’avantage de ne pas être bloqué derrière des platines, c’est de pouvoir sauter partout sur scène tout en jouant

Andréa Lecat (Photos et Interviews) & Rayan Khayari (Interviews et Article) pour Radio Campus Lorraine

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