Les Nancéiens debout sur la place Stanislas

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Le phénomène Nuit Debout prend racine dans 60 grandes villes de France. Samedi 9 avril, c’était sur la place Stanislas que les nancéiens ont décidé de tenter l’aventure. Une aventure dont personne n’est encore capable de prédire la fin, mais où tout le monde est prêt malgré tout à s’en donner les moyens.

Nuit Debout à Nancy, place Stanislas, le 09/03/16 – Crédits Photo : Elie Jofa

Ils sont un peu plus de 200 a s’être rassemblés sur la place Stanislas entre l’Opéra et la Statut du duc de Lorraine. Assis en rond, ils forment une agora au centre de laquelle les anonymes viennent prendre la parole. On y parle de tout et n’importe quoi, de la politique étrangère de l’occident à la lutte contre l’enfouissement des déchets radioactifs à Bure en passant par l’éternel (et toujours insolvable) débat sur la violence et la non-violence. La loi travail n’est finalement pas du tout au centre des débats. « C’est un peu lourd » confie l’un des auditeurs.  » Ça part dans tout les sens et ça tourne rond, ça mène à rien, c’est juste un défouloir. » Ce à quoi une autre lui répond « oui c’est un défouloir, c’est thérapeutique justement. » Le but, de l’aveu de certains, est effectivement avant tout de réapprendre à discuter avec les autres et de se réapproprier l’expression libre.

Malgré la volonté tenace de la part des participants de maintenir une organisation entièrement horizontale, la prise de parole des Nuit Debout a été codifiée et se régule comme dans n’importe quelle assemblée. Un modérateur se charge de lancer les gens au milieu de l’arène, veille à ce chacun écoute et appelle les autres à réagir. Les autres ont pour la plupart déjà bien intégré ces fameux codes : croiser les bras en l’air pour exprimer son désaccord, ou au contraire secouer les mains pour exprimer son approbation etc…

Autour de l’Agora, certains tentent déjà d’organiser un semblant de vie commune : un étudiant a ainsi voulu participé à l’organisation d’une cuisine autogérée. Soupe, fruits, biscuits, bonbons… chacun ramène ce qu’il peut et ce qu’il veut, le tout gratuitement, même si les dons sont bien accueillis car ils permettront éventuellement d’aller recharger les munitions. « Il faut bien nourrir tout ce petit peuple » explique-t-il avec le sourire.

La cantine de Nuit Debout à Nancy - Crédits Photo : Elie Jofa

La cantine de Nuit Debout à Nancy – Crédits Photo : Elie Jofa

D’autres encore ont décidé de rejoindre les commissions qui se sont ouvertes en marge de l’assemblée. La commission sérénité appelle les volontaires à venir rejoindre les rangs pour organiser la bonne tenue de l’événement et assurer une relation pérenne avec les autorités. Sur ce plan là, d’ailleurs, la question de rester sur la place Stanislas se pose, les forces de l’ordre ayant déjà prévenu que les fêtards risquaient de sortir des boîtes de nuit pour venir se mélanger aux deboutistes. Une autre commission d’une dizaine de personne à décidé de parler de politique, une autre encore, se charge d’écrire des slogans sur de grands morceaux de carton.

Vers 11H, les débats dans la petite assemblée laissent place à la fête. Des musiciens viennent s’assoir au centre avec guitares et djembés pour tenir la foule au chaud. Au delà du défouloir, pour la Nuit Debout, se pose aussi la question de la finalité du projet, une idée encore assez floue y compris dans la tête des participants qui pour l’instant sont avant tout heureux de se retrouver entre citoyens. « Le rêve ça serait que ça se transforme dans un mouvement à la Podemos » imagine Thomas, étudiant en sociologie, qui se montre lui même prudent sur l’avenir du mouvement. Quoiqu’il en soit, pour en arriver à un mouvement politique, il faudra bien passer par la représentativité et l’organisation.

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