Des soldes vite soldées chez les étudiants

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OPPORTUNITÉS, BONNES AFFAIRES OU CAUCHEMAR. LES SOLDES SONT L’OCCASION POUR CERTAINS ÉTUDIANTS DE DÉNICHER LA BONNE OCCASION ALORS QUE POUR D’AUTRES C’EST PLUTÔT LA PÉRIODE LA PLUS USANTE DE L’ANNÉE.

17h, sortie de bureau, le centre commercial Saint Sébastien de Nancy paraît plutôt calme. Cela fait pourtant déjà une semaine que les soldes sont lancés en Lorraine mais nous sommes loin de la foule attendue en cette période. 

Les soldes d’hiver de cette année sont annoncées très importantes. Les boutiques disposent d’un grand stock de marchandises à écouler suite aux perturbations des derniers weekends de l’année 2018. Les commerçants du Saint Sébastien témoignent des tristes samedis passés avec la fermeture des portes du centre commercial en pleine journée pour empêcher les gilets jaunes d’entrer. Même le bilan de ce premier weekend est entaché par les manifestations : « samedi dernier n’était pas un samedi » pour l’une des vendeuses.

Le démarrage des soldes n’aura pas été aussi tonitruent que souhaité, les commerçants sont mitigés. A Nancy, la plupart dit avoir fait le chiffre voulu mais beaucoup se plaignent de la faible affluence dans leurs magasins, « C’est mou, il n’y a pas beaucoup de passage » selon l’un d’entre eux.

Et pourtant, de ces gros stocks à épuiser les clients vont pouvoir en retirer de grosses réductions sur un large choix d’articles

Ana Gressier

NANCY, CENTRE COMMERCIAL SAINT SÉBASTIEN – PHOTO : ANA GRESSIER

La folie des soldes gagne les étudiants ? 

Pour les étudiants, les soldes ça se traduit par l’occasion de renouveler sa garde robe. 

Quand on a un budget serré, il n’y a pas de petite économie !

Souvent citadins pour leurs études, les jeunes ont facilement accès aux boutiques et sont de grands consommateurs de mode. Ils sont la cible parfaite pour les commerces. 

Raffolent-ils des bonnes affaires en boutique ? Marie, Sara et Joséphine, trois étudiantes de 20 à 22 ans se mettent toutes d’accord sur le fait que les soldes sont le bon moment pour s’offrir un nouvel habit longtemps convoité. « Si je sais que j’ai besoin d’un nouvel habit et que la période des soldes arrive, j’essaye de faire cet achat à ce moment là, histoire de faire des économies » confie Sara. Ce côté « faire des économies » est bien présent quand on a un budget à tenir mais que l’on souhaite tout de même se faire des petits plaisirs. Un budget, Joséphine s’en fixe un à l’avance pour se limiter dans le déraisonnable « Je me fixe un budget, pour des chaussures c’est pas plus que 100€, pour des vêtements je ne dépasse pas les 40€ ». 

Chacune y trouve son compte, pour Marie les promotions lui permettent d’assouvir un besoin de renouvellement « Je préfère la quantité que la qualité. Je me lasse vite des vêtements, alors j’essaye d’en trouver à bas prix ». 

Pas non plus de grande euphorie.

Les soldes ne récoltent pas pour autant toutes les faveurs des étudiantes. Joséphine n’attend pas avec impatience ce moment pour faire ses achats. « Je n’y trouve pas vraiment de plaisir quand il s’agit de faire les boutiques alors qu’il y a beaucoup de monde en ville », même si selon Marie « avec nos emplois du temps plutôt légers d’étudiants on a toujours moyen de faire son shopping aux heures de faible affluence ».

De plus la concurrence d’internet face aux boutiques « physiques » est forte. On y propose très fréquemment des promotions et la possibilité de ne pas affronter la foule séduit les plus feignants d’entre nous. 

Sara termine avec une prise de conscience « Plus jeune j’allais faire les soldes pour acheter un maximum de choses même si je n’en avais pas forcément besoin. Mais je me suis rendue compte que ce n’était rien d’autre que de la consommation de masse alors j’ai arrêté ».

Les soldes oui, mais à petite dose et de manière raisonnée. 

NANCY, CENTRE COMMERCIAL SAINT SÉBASTIEN – PHOTO : ANA GRESSIER

« Les soldes ? Une période horrible » Lucie, étudiante et vendeuse dans une enseigne de chaussures.

Pour les étudiants qui travaillent pendant les soldes, ce n’est pas la même ambiance. 

D’un côté les consommateurs, de l’autre les commerçants. Lucie, étudiante de 20 ans, a déjà accumulé plusieurs emplois dans des enseignes de vêtements ou de chaussures. Pour elle, les soldes c’est plutôt synonyme d’organisation en amont. Ses horaires doivent être revus à la hausse à l’approche de cette période. Habituellement elle travaille un après midi par semaine et la journée du samedi, mais pendant les vacances de Noël son contrat s’est transformé en 26 heures pour aider à la préparation. 

Dans le cadre de l’un de ses précédents emplois, « les soldes c’était presque fou ! Des fois cela devenait même irrespirable, on devait courir partout. Les soldes c’est vraiment fatigant ». 

Lucie n’attend donc pas vraiment les soldes avec impatience. En plus de la foule accueillie toute la journée, elle déplore « le manque excessif de politesse » des clients. « Des anecdotes, je pourrai en raconter encore et encore » dit-elle. Comme ces fois où, d’un simple regard, on dit d’elle qu’elle n’a « pas assez travaillé à l’école pour finir là ».

Ces emplois, Lucie les occupe pour pouvoir payer ses études, ses factures et « vivre correctement ». Et ce manque de respect « constant » venant des clients « l’écœure de plus en plus ». 

Donc non, les soldes ça ne fait pas rêver tout le monde. 

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