Benoît Hamon : « Je veux une société qui encourage la jeunesse »

De passage à Metz à l’occasion de son tour de France des universités, Benoît Hamon est venu s’exprimer en face des étudiants du Saulcy. Ces derniers sont venus plutôt nombreux, l’événement affichant complet. C’était aussi l’occasion pour les étudiants de montrer leur soutien à l’ancien candidat à l’élection présidentielle, l’homme ayant droit à une impressionnante salve d’applaudissements dès son apparition sur scène. Retour sur les idées d’une personne dont l’ambition est d’améliorer ce qu’il considère être une « démocratie immature ».

 

« La jeunesse est la seule génération raisonnable » 

L’une des questions les plus légitimes quand on entend que Benoît Hamon effectue un tour de France, c’est : Pourquoi ? La réponse, à défaut d’être surprenante, est plutôt intéressante. Il y a une volonté de la part de l’ancien candidat d’aller directement au contact des étudiants, en dehors du cadre d’une élection qui biaise ce genre d’échange.

Le contact est d’autant plus intéressant que Benoît Hamon considère que la génération des 18-30 ans est une génération extrêmement importante aujourd’hui, parce qu’elle aurait « un pouvoir que les autres générations n’ont pas forcément ». En effet, ce serait la génération qui verrait un énorme changement par rapport à ses parents. Changement dans son rapport au travail déjà (on y reviendra), mais aussi changement dans son rapport au quotidien. En effet, elle serait plus sensibilisée que jamais face à des problèmes d’ordre écologique, ou d’ordre communicationnel.

On aurait donc tort, aujourd’hui, de considérer cette génération comme inutile, gâchée ou même perdue, et on devrait davantage apprendre à l’écouter. C’est donc pour lui un véritable « choix stratégique » que de s’adresser à cette génération. L’idée étant de briser cette convention selon laquelle les français seraient incapables de se gouverner eux même et que l’élite saurait mieux que quiconque comment diriger la France. En quelque sorte, la fin d’une « démocratie immature », qui ne donnerait pas la parole au peuple…

« En même temps, on a élu un génie : C’est Jupiter »  

L’homme abordera aussi de nombreux sujets différents, et ne se privera pas de critiquer la politique actuelle du gouvernement Macron. Par exemple, et c’est un sujet d’actualité, le renouveau de l’accord de l’utilisation du glyphosate sur cinq ans par l’Europe. Si Benoît Hamon salue le désengagement du président à l’Europe, qui ne renouvelle l’accord que sur trois ans, il critique aussi vivement l’énorme flou du message ainsi adressé. Le gouvernement n’indique ainsi pas que le glyphosate a trois ans pour disparaître : Il indique que l’on y repensera dans trois ans.

Il utilisera ainsi des exemples précis, mais fera aussi preuve d’une cinglante ironie, se moquant ouvertement du président Jupiter, un président providentiel qui saurait comment faire pour arranger les choses. Il reproche ainsi l’omniprésence, voire même l’omni-puissance de l’économie dans la politique actuelle, soulignant ainsi qu’il s’agirait « d’une science inexacte »

Vers une révolution de notre rapport au monde du travail 

On soulignera aussi la présence importante du travail au sein de son discours. En plus de critiquer le gouvernement, il y aura aussi de nombreuses piques envers des patrons qui seraient déconnectés de la réalité, comme Pierre Gattaz, « l’homme qui fait les lois en France aujourd’hui », ou encore l’ancienne DRH de Danone et Ministre du Travail, Muriel Pénicaud.

Il propose alors deux solutions afin d’améliorer aujourd’hui les conditions de travail et de vie. Elles sont fortement inspirées de la créativité des chefs d’entreprise américains, qui seraient « plus visionnaires que les responsables européens ». Premièrement, et sans forcément insister énormément dessus, il citera l’idée de créer une taxe sur le travail effectué par des robots.

Secondement, et en insistant davantage dessus, il parlera du revenu universel commun. L’idée est que toute personne française majeure bénéficie chaque mois d’un revenu supérieur au seuil de pauvreté, lui assurant ainsi de pouvoir vivre de manière décente, et lui donnant une marge de manœuvre par rapport au patronat.

Un discours étudié, mais vraiment adressé aux étudiants ? 

Pour conclure, on ne peut pas reprocher à Benoît Hamon de ne pas avoir étudier son discours, qui est empli d’exemples concrets. Là où on peut davantage être critique, c’est que, pour une conférence donnée pour des étudiants, ceux-ci ne semblaient malgré tout pas être le cœur de son discours. En effet, il insistera beaucoup sur le monde du travail, sur les hôpitaux, sur une vive critique du gouvernement : mais les sujets étudiants importants comme par exemple la réforme de l’accès à l’université ne seront pas évoqués une seule fois.

 

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